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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Souvenirs de Royan
Un auteur, François Richet, raconte l’écriture de son livre

Plaisir de la récolte des souvenirs

MicroComment vous dire mon plaisir de rencontrer mes « témoins » ? Ces instants sont pour moi privilégiés et denses, chargés par l’évocation d’instants, de mois ou d’années de vie que mes témoins acceptent de partager avec moi et mes lecteurs. Travail, bonheurs et drames défilent, recréant l’ambiance d’un passé insaisissable par d’autres moyens. L’historien recherche les faits et l’exactitude, le journaliste, des scoops, moi, c’est l’ambiance et l’émotion que j’aime « cueillir » avec mon micro et transmettre par mes livres. Souvenirs de Royan 3 est très particulier pour moi à ce point de vue, car étant enfant et Royannais dans les années 60, je retrouve au fil de mes interviews des souvenirs et sensations qui reviennent à la surface de ma mémoire où je les croyais enfuis à jamais. J’espère et crois que mes lecteurs éprouveront les mêmes sentiments — du moins pour ceux qui ont vécu les périodes évoquées (de mai 45 à la fin du XXe siècle). À ce jour, j’ai interviewé 53 personnes ! Certes, ce n’est pas raisonnable d’un point de vue comptable, mais comment résister au bonheur de vivre ces instants et de les faire partager ? Ce livre sera donc épais et foisonnant en témoignages, mêlés à une belle sélection des photos évoquées dans mon billet du 4 octobre.

À bientôt pour la suite !

François Richet

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21 octobre 2008 - Aucun commentaire
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Ruth Lewkowicz

Ruth LewkowiczJe pensais, dans mon premier billet de ce nouveau blog, vous parler de mon prochain livre. Et voici que le passé me rattrape d’une façon bouleversante avec un nom familier : Ruth Lewkowicz. Ruth était en 1942 une jeune fille de 14 ans qui vivait en famille à Royan, avec sa sœur Anne Lewkowicz (15 ans) et sa mère Elsa. Elles ont été arrêtées en même temps que Sarah Wilenzki (7 ans) en septembre 1942, et après un « séjour » à Drancy, ont été envoyées à Auschwitz où elles sont arrivées le 20 septembre 1942. Imaginez la suite…

 

 

Quand j’ai découvert le nom de Ruth Lewkowicz dans un article du journal Sud-Ouest (6 octobre 2008, p. 2-13) ça a été une surprise, une souffrance, mais aussi une joie. Car évoquer Ruth Lewkowicz, dire son nom, le lire, l’écrire, c’est lui rendre un peu de cette vie qui lui a été volée par les nazis. Par cet article, les Fils et Filles de déportés juifs de France recherchaient des témoignages sur elle et sur d’autres enfants juifs arrêtés à Royan pendant l’Occupation pour qu’on ne les oublie pas. Louable démarche, à laquelle je souscris.

 

J’ai entendu parler de Ruth Lewkowicz pour la première fois en 2005 par madame Gamory-Lacroix, lorsque j’ai écrit mon livre Souvenirs de Royan volume 2. Elle a évoqué dans un témoignage plein de pudeur et de tendresse sa copine d’adolescence (publié p. 66 et suivantes). Par bonheur, un autre de mes témoins, madame Lajoux, avait une photo prise à l’école Jules Ferry en 1941 où apparaissait Ruth Lewkowicz, moins d’un an avant qu’elle ne parte dans l’enfer d’Auschwitz. C’est à partir de ce moment-là que je me suis attaché à elle, en découvrant cette photo scannée sur l’écran de mon ordinateur. La technique permet de zoomer, et son visage emplissant mon écran était plein de vie, ses yeux semblaient me regarder par-delà les ans et la mort avec beaucoup de douceur, de crainte et d’espoir. J’en ai été très profondément ému. Et puis, j’ai imaginé ce qu’elle avait pu penser et ressentir quelques mois plus tard — après avoir été arrêtée par des policiers français — quand elle s’était retrouvée prisonnière des griffes de la soldatesque nazie, victime de leurs coups, de leurs insultes, de leurs quolibets, peut-être, et finalement du vol de sa vie. J’ai été bouleversé par ces réflexions, et depuis ces instants, Ruth Lewkowicz m’accompagne, présente dans mes souvenirs et mes pensées, comme une parente chère.

 

Il me semble qu’il serait juste de donner le nom de Ruth Lewkowicz à un lieu de Royan, et aussi que les noms des autres Royannais assassinés par les nazis devraient être inscrits quelque part, en bonne place, dans la ville, pour qu’ils continuent d’exister dans la mémoire de Royan. Mais peut-être y a-t-il encore une gêne à aborder la mémoire de la Shoah. J’avais été étonné, à l’époque où je recueillais les souvenirs des Royannaises et Royannais pour la rédaction de ce livre, du peu de traces des Juifs présentes dans les mémoires de ceux qui, pendant l’Occupation étaient en âge de comprendre ces tragiques évènements. Peu de témoins de cette époque avaient même accepté d’en parler, les autres me disaient qu’il n’y en avait probablement jamais eu à Royan ou bien qu’ils n’en avaient pas entendu parler. Pourquoi cette amnésie ? Peut-être un peu de gêne ou de honte d’avoir découvert a posteriori l’ampleur des drames qu’avaient vécus des gens qu’ils avaient côtoyés, sans qu’ils s’en préoccupent. Heureusement les quelques personnes qui m’ont parlé des Juifs Royannais, l’on fait dans de beaux témoignages que j’ai publiés, comme celui de Mme. Gamory-Lacroix, ou ceux de Marguerite Barrière-Ouvrard, Suzanne Massias-Fournier, Simone Tissandier, Gisèle Vilatte-Izoré, et naturellement, la famille de Marcelle Foks-Giudici. Grâce à elles, j’ai pu évoquer dans mon livre la mémoire de quelques-unes de ces six millions de personnes assassinées.

 

François Richet

Mercredi 8 octobre 2008

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Ruth Lewkowicz

9 octobre 2008 - Aucun commentaire
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Des nouvelles du livre Souvenirs de Royan volume 3

François RichetQuand Souvenirs de Royan volume 3 sortira-t-il ? On me pose souvent la question et je réponds généralement : « bientôt ! » Je comprends l’impatience des amoureux de la ville et des curieux, voire des passionnés de son passé. C’est pourquoi j’ouvre ce blog qui me permettra de vous tenir au courant de la gestation de ce livre (1) et de faire appel à votre aide dans la recherche d’informations manquantes. N’hésitez pas à réagir et à me contacter, c’est toujours avec beaucoup de plaisir que je vous répondrai.

Au fil de ce blog, j’évoquerai aussi les autres livres en chantier : Souvenirs des Mouettes, Souvenirs de Saint Georges de Didonne volume 2, Souvenirs du Garden et le beau livre en collaboration avec Michel Sicard Souvenirs des plages du beau temps, sans oublier le site Fou d’Royan… ouf ! heureusement que ces travaux sont complémentaires et que chacun nourrit l’autre, surtout grâce aux rencontres que je fais avec « mes » témoins.

Mais, revenons à Souvenirs de Royan 3 pour faire un état des lieux. Aujourd’hui, je vous parlerai de l’iconographie.

J’ai recueilli et scanné à ce jour 3850 documents, principalement des photos inédites, car récoltées chez mes témoins au fond des tiroirs, dans des boîtes qui n’avaient pas été ouvertes depuis fort longtemps ou dans des albums trônant fièrement dans des bibliothèques. Le moment de la découverte est toujours très émouvant, et quand, au milieu d’images de nourrissons, de mariages et de communiants je tombe sur une pépite, une photo exceptionnelle, je me sens (presque) comme Christophe Colomb découvrant l’Amérique !

Ces photos, je les ai non seulement scannées, mais cataloguées (avec Expression média pour les curieux d’informatique) en renseignant les dates, lieux, noms de personnes, et toutes les informations connexes. C’est un nécessaire travail de bénédictin, car je puise dans cette base de données de précieux renseignements, et la puissance de l’outil permet de mettre en évidence d’intéressants liens entre des documents qui ne seraient pas apparus par d’autres méthodes. Ensuite, il me faut opérer un premier tri entre les photos pour déterminer lesquelles sont susceptibles d’être publiées, mes critères étant la beauté de la photo, l’émotion qui en émane et l’intérêt historique.

A bientôt pour la suite !

François Richet

1 — Souvenirs de Royan 3 est un livre de témoignages et de photos sur le passé de Royan, couvrant une période allant du lendemain de la libération de ville (avril 1945) jusqu’à la fin du XXe siècle.

Vous trouverez d’autres informations sur Souvenirs de Royan 3 et sur mes autres livres sur le site des Éditions du Trier-Têtu

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